Béret rouge Parachutiste vétéran André Mattys raconte suite

                          Le défilé du 21 Juillet 1954 à Bruxelles

 

 

 

 

 

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alpha_019.gifchaffen  Après deux mois à Diest, le 06 septembre 54, le Bataillon se déplace vers Schaffen. Nous sommes un peu plus d'une centaine d' hommes dont 8 officiers de carrière.Il ne reste donc plus que 110 miliciens sur les 160 du début en février à Namur soit environ 31% de déchet. Installations dans nos nouveaux quartiers et très vites, les cours d'entraînements aux sauts.

 

  

      

    

L'entraînement au sol dit " ground -training " dans les hangars, rolling au sol, drill de sortie de ballon. Puis drill répété de sortie d'avion afin d'arriver à une cadence rapide et sans accroc. Il faut un drill strict, parfait qui ne permet pas la moindre erreur car une sortie d'avion c'est une suite logique de mouvements à respecter. S'accrocher au câble de retenue, vérifier l'accrochage de celui qui précède, vérification des attaches sur son parachute.

Nous avions un CSM Company Sergent Major véritable chien de garde de l'orthodoxie de tout ce qui concerne le Rgt. Le CSM Vander stockais un ancien d'Angleterre , contrôlait tout, surtout la tenue de sortie Il était inflexible, tout devait être parfait. Pas de sac quelconque, pas de faux plis dans le pantalon et surtout pas de blouson avec des plis fantaisie comme certains aimaient à porter. Malgré ses lunettes fumées il voyait tout le de Stock mais on l'appréciait beaucoup. On le respectait vu ses activités aux combats durant la guerre. Bien entendu il y a toujours la gym du matin..et ,oui c'est le sacra saint cross de 5-6-10 km à travers champs,par tous temps et avec le sourire svp !

alpha_4l1.gif'entraînement aux sauts n'est pas vraiment dur mais contraignant très répétitif avec sur les tapis de sol, des rolling qui en fin de journée vous meurtrissent les jambes et les épaules. Nous sauterons de ballon en premier lieu. Après d'avions y le C-119 Flying Box Cars. Ces C119 étaient de nouveaux appareils pour notre armée, ils pouvaient contenir 36 à 40 hommes avec tout l'équipement, le double des Dakota que nous utiliserons plus tard lors des sauts au Congo.à l' entraînement, est bien entendu très rigoureux ,mais amusant quand-même, d'autant plus qu'on était proche de la grande consécration c'est-à-dire recevoir nos ailes.

 

   

        

 

    

    

Le premier saut fin septeMbre 1954  Ce fût  une expérience inoubliable La veille du 1er saut je me souviens que je me suis assis sur les bords du fossé le  moorning bed ou se trouvait le ballon duquel on allait sauté et je me suis dis " ça y est nous y voilà, c'est ce que tu attendais,demain tu ne seras plus le même ... " Jeter son corps dans le vide est ,sans me tromper un exercice pour lequel la nature humaine n'est pas, mais absolument pas, conçue. Surtout qu'à l'époque on sautait sans le ventral, parachute de secours , ce qui pouvait aussi influencer le mental. La cage de saut est prévue pour quatre sauteurs + un dispatcher. Le grand test , dixit les anciens c'est de sauter sans commandement, prendre de sa propre initiative la décision de jeter son corps par la portière dans le vide. Là on est devant le fait que c'est " Le " pourquoi on est venu dans ce Régiment, dompter sa frousse se surpasser. A environ 300m,on regarde le vide en dessous, puis on fixe l'horizon une bonne respirations, et hop le pas en avant : le saut. La chute est rapide, on sent dans le dos le parachute qui sort du sac en se déroulant et tout à coup un choc, qui projette les jambes en l'air, et  c'est l'ouverture du parachute..la descente. C'est à ce moment la qu'on réalise avoir remporté une victoire sur la peur du vide, mais aussi sur soi-même. Maintenant on est certain que en tant que Para, tout l'entrainement nous a amené à ce que tout est possible, plus rien n'est impossible. Après chaque saut nous n'avions qu'une envie, recommencer, tout de suite. Il faut dire qu'on avait une confiance aveugle quant à la technique des plieurs, et on avait bien raison. ils étaient réputés dans tous les Rgts Paras et le sont encore aujourd'hui.

                   

 

 

  

         

         

Le 02 octobre 1954, deuxième saut. Plus stressant. Car on connaît déjà les impressions. Le creux au ventre, les jambes qui se retrouvent en l'air, les pieds devant les yeux. Le choc au moment de l'ouveTure, la Libération avec cette magnifique sensation de légèreté lors de la descente. Cela aurait pu durer des heures. C'est grisant ! Le saut permet la découverte de la fierté d'avoir réalisé quelque chose que tous les hommes ne sont pas capables de faire : surmonter et dominer sa peur, s'astreindre à une très forte discipline. Vivre intensément son Service Militaire. Tout le monde peut sauter en parachute en dominant sa peur mais le saut militaire, avec son drill spécifique et avec équipement est totalement différent du saut civil. Nous avons sauté avec le chestbak. Un sac contenant l'équipement nécessaire à un squad plus,réventuellement une mitrailleuses, une radio complète ou tout autre matériel. Le tout faisait suivant le cas, minimum 25 kg à max. 40Kg, sac accroché à la poitrine. Le plus dur était de se déplacer avec de se déplacer avec ça, monter dans les camions de transport et s'installer dans l'avion. La sortie est Iibératrice le chestbak vite détaché, se balance à +/- 5 m sous nos pieds.

  

C'est à Schaffen qu'il y eut une petite révolte. Nous n'étions pas heureux de la nourriture en général et les plaintes écrites dans le livre du mess n'ayant pas de suites, avions décidé de bien le faire comprendre à nos supérieurs. Lors d'un appel par sifflet, pour le rassemblement à se rendre au réfectoire nous sommes tous restés dans les chambres sourds au sifflet du Sgt de semaine. C'est un cas de refus d'ordre, c'est un cas de refus d'ordre très mal vu ! Le Cpt Holvoet, commandant de Schaffen, à dû venir au pied de chaque lit, lire le nom du soldat et l'inviter de façon très formelle à se rendre au réfectoire. Ce qui fut fait bien entendu. A notre grande surprise toutes les tables étaient, et pour la première fois dressés de nappes rouge à carreaux et il y a avait une entrée, une tranche de jambon salade asperges... Un repas de rêve à l'armée.

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Les Ailes 037b5a71bc060f293e7a89e8a3f4a525.gif  Après les six sauts réglementaires deux du ballon , 4 de l'avion dont 4 avec matériel Le 12 octobre 1954 ,nous recevons nos rings, le brevet A Para Militaire. J'ai le no 2905.. Brève cérémonie de remise des ailes. Pas de grand tralala. Poignées de mains du Commandant Holvoet pas de discours, pas de musique comme chez les Marines. Petit laïus plus les félicitations et hop la perm .Une permission immédiate de trois jours,cela nous plaisait.  On avait notre béret rouge nos ailes, comment à 20 ans ne pas en être fier après tant de souffrances morales et physiques et en sachant que, on nous l'avait assez mis dans le crâne nous étions, excusez du peu, l'élite de l'Armée. 

  

 

Je suis tellement pressé de partir que, en me changeant pour mettre la tenue de sortie j'en oublie ma perm dans ma tenue d'exercice. La tuile devait me tomber dessus bien entendu. A Bruxelles nous dirigeant vers la gare du Nord, Jacky et moi sommes arrêtés lors d'un simple contrôle de MP et emmenés en jeep vers la gare. Par hasard au poste de contrôle,le Sgt me reconnaît. Nous étions ensemble lors des trois jours passés au Petit Château. Tout en me parlant il m'accompagne quelques pas et me demande comment ça se passe chez les Paras.. Il ne me demande pas ma perm. Je suis sauvé !

 

 

 

     

  

 

    

       

     

                    

      

     

       

       

       

       

        

Lors dropping à Mechelen sur Heide il y a trois C119  qui volent en triangle. Je suis 1er à la porte star board, en attente du "green on " et je vois en face à +/- 100m , 4-6 paras sortir de l'autre C119 alors que nous sommes toujours en attente. Il y a eu fausse manœuvre et les 6 gars sont largués trop tôt dans la nature !!! Albert Aelbrecht aterira dans une cour de ferme... d'autres dans des prés. Nous sautons quelques instants plus tard, largage au dessus d'une plaine et une sapinière. Je remarque une grande tache blanche qui semble être du sable tire vers cette zône pour ne pas tomber dans les sapins. Malheureusement je réalise trop tard que c'est un énorme trou et tombe sur le bord, tout mon corps bascule tête en avant vers le fond !!! Le choc, je suis sonné, mais sans casse. J'en garderai une séquelle, une petite cicatrice à l'intérieur du crâne, mais qui n'apparaîtra que bien plus tard lors d'un examen des yeux. C'est à Kamina que ça c'est déclaré par une perte de vision et j'ai passé quelques jours à l'infirmerie sous surveillance des bonnes soeurs et avec quelques piqures dans les fesses. Je dois porter des lunettes légèrement teintée et il m'est dit qu'avec l'âge ça s'améliorera.

La période Schaffen se termine :  Nous retournons à Diest pour quelque temps avec, à la clef, de nouvelles préparations pour le terme au Congonous recevons le paquetage Afrique, les bas, chemise, capitula short et le reste de l'équipement africain avec le chapeau de brousse. En décembre, une petite remise en jambes ; la marche des 50Km. A ma demande je vais passe le brevet chauffeur avec des cours , inutiles pour moi, mais obligatoires car il faut disposer du permis Congo si je dois rouler à Kamina. On logeait à quatre à la Citadelle de Namur pour toute la durée des tests et après 8 jours nous étions brevetés. Le copain Weerinckx dit " CENSURE " vu sa morphologie,était venu avec sa voiture et nous emmenait à Diest pour y passer la soirée avec retour pour minuit à Namur. Quelles javas ces aller-retours rien que pour une heure (chez MAMY ) qui était LE café dancing des Paras,un monument aujourd'hui disparu.

Janvier 1955 de Diest nous sommes envoyés, en train, à Poulseur dans l'ancien camp SAS. Ce camp est constitué d'anciens baraquements en bois de l'armée allemande. Nous n' y séjournons pas très longtemps, quatre semaines je crois. Juste ce qu'il faut pour apprendre quelques rudiments SAS que nous serons d'ailleurs les derniers miliciens à recevoir. Il y a également des cours de langue Lingala, initiation aux us et coutumes du Congo et plus spécialement du Katanga.

Nous serons le 4èmePARAS-BELGE-AU-CONGO.gifdétachement

                                                       de Kamina

La suite de son histoire clique sur  grenade military-40.gif

 

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