Parachutiste beret rouge Fernand Fensie 1954

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133fb1d1f91e8fb5ceebcc717ac53f34.gif alpha_0121.gife 5 Novembre 2011 Fernand Fensie m'offre son journal de bord témoignant de son passé militaire en Afrique et en Belgique Il m'autorise à mettre des extraits de texte a fin de compléter ses photos 

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dague.gifj’avais 12 ans à la fin de la 2ieme guerre mondiale j’ai  l’occasion d’apercevoir pour la première fois des Parachutistes à la caserne de Tervuren lors de leur entraînement, J’étais époustouflé par leur condition physique mais aussi par leur discipline. Quelques années plus tard je reçois une convocation pour effectuer mes trois jours  des tests  préliminaires d’incorporation, Je suis milicien de la classe 1953 mais j’ai demandé à être reporté d’un an afin de pouvoir terminer mon année professionnelle du cours du soir. Mes premières armes s’aiguisent au mois de septembre au C.R.S (ne pas confondre avec les C.R.S de France !). Il s’agit d’effectuer les trois jours au Centre de Recrutement et de Sélection à la caserne du Petit Château à Bruxelles. En ce qui me concerne, je ferai quatre jours. Pour ce premier contact, je n’ai pas de chance... parce que je suis entré un vendredi, et quelques futurs volontaires Paras ou Commandos se verront ainsi "coincés" jusqu’au lundi dans cette "jolie caserne". Indépendamment des habituels tests physiques, visites médicales, entretiens et autres, nous allons combler le surplus en l’occurrence d’une visite supplémentaire, un entretien avec un gradé du régiment nous questionnant sur notre motivation un parcours d’obstacles réalisé en salle de gymnastique et une course à pied, en dehors de la caserne avec un temps limite! Nous étions quelques volontaires Paras ou Commandos venus de différentes régions (Bruxelles, Liège, Charleroi. ..etc.)

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dague.gifAprès ces quelques épreuves, nous ne serons plus que quelque uns ayant réussi les tests à Bruxelles. Nous nous retrouverons encore pour effectuer les 2 jours de tests supplémentaires à Terra-Nova (Citadelle de Namur) du 14 au 16 décembre 1953. Sur les 2 jours, plusieurs gars vont encore nous quitter pour une cause imprécise, d’autres ne seront pas aptes physiquement à l’entraînement qui nous est demandé (piste de cordes, le parcours d’obstacles).Malgré début de mon service militaire

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dague.gif1er février 1954. Le grand jour est arrivé (enfin...pour certains!) Comme disaient les gars du régiment déjà en poste à la caserne la bleusaille arrive ! Nous rejoignons Namur venant des différents points de Belgique pour se retrouver sur le lieu de notre instruction (C.I) qui va durer quatre mois. En se retrouvant à nouveau à la citadelle de Namur (Terra-Nova )

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dague.gifNous sommes reçus par un discours de bienvenue du 1er Lieutenant Holvoet,  Commandant du C.I, qui nous communique déjà quelques remarques sur la vie à la caserne, telles que : « tout se fait au pas de course, au coup de sifflet, on court pour aller aux rassemblements, pour se rendre au réfectoire (en fait, on court toujours!). Je suppose que cela sert à entretenir notre condition physique. On nous pria alors, à l’appel de notre nom, de nous regrouper par peloton.

dague.gifC’est ainsi que je me vis incorporer comme soldat fusilier au 2,ime peloton, je dirais mieux “lié" car j’y resterai tout mon service militaire. Je ne découvre aucune connaissance dans les nouveaux arrivants, dans le peloton qui vient de se forme.

dague.gifJe constate que ceux qui ont choisi les Commandos seront logés au 2ème étage de la caserne, pour les Paras, on nous attribue le 1er étage. Nous sommes relativement séparés des commandos. En s’installant dans la chambre qui nous à été attribuée, nous commençons très rapidement à faire connaissance entre nous, de choisir nos lits qui sont superposés, mais aussi à échanger nos premières impressions, nos métiers : les uns sont employés, ouvriers, étudiants, etc.

dague.gifNous avons la visite du 1er Lieutenant Brack, officié de réserve qui commandera le 2lème peloton. Il est accompagné du Lieutenant Noël Parmentier venant du bataillon Rémi et qui participera comme nous au même entraînement pour l’obtention du béret rouge. Il n’était pas le seul, il y avait aussi le sergent Joseph Pattijn venant des Chasseurs ardennais, ils nous suivront tout au long de notre service. Le lieutenant nous présenta notre sergent instructeur Guy Reniers dont nous apprendrons plus tard, après notre passage, qu’il est devenu “ Despatcher" (instructeur de saut en parachute), il fera une carrière extraordinaire. Lors de sa visite, le sergent désigna directement un nommé Guy Beck comme responsable de chambrée. De suite, des affinités entre nous se nouent, car il ne faut pas oublier que notre service militaire est "assez long" à l’époque, il est de 24 mois.Heureusement, au cours de notre service, il y aura une ‘réduction" de temps passant de 24 à 21 mois puis à 20 mois, et bonheur, les deux derniers mois que nous ferons seront payés en tant  que volontaires de carrière. Les miliciens en Belgique ne faisaient que 18 mois et plus tard, 15 mois.

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dague.gifA notre arrivée à Diest, le 2ieme peloton fait la connaissance de l’Adjudant Jean-Claude Smits qui nous accompagnera tout au long de notre service. Dans la nuit de notre arrivée, nous sommes reçus par une série de Thunderflashes (grenade d’exercice) lancée par les Paras incorporés 6 mois avant nous pour fêter notre arrivée à leur manière. La restructuration des pelotons et des sections, se fait avec l’apport d’âutres pelotons, mais aussi avec des sous-officiers venant du peloton Ecole. Certains ont en effet très bien réussi les tests de bérets, mais vraisemblablement moins bien pour deux Sous-officiers concernant la théorie qui leur est enseignée, de ce fait ils seront " versés " dans la troupe comme R.T. Le 1er et 2' e sont, des pelotons d’assaut régime" Francophone " et le 3lème et 4lème. Pelotons, armes lourdes et le peloton Recce, le régime ” Néerlandophone Nous constatons que nous faisons bon ménage à la 1èr* Compagnie parachutiste.

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dague.gifAucun changement en ce qui me concerne, je suis soldat fusilier au 2,ème Peloton, l4re section sous les ordres du sergent Camille Olivier. Nous verrons aussi arriver quelques gars de formation spécialisée, telle que cuistot, mécanicien, employé de bureau, etc. En tout, ils sont une dizaine, il me semble qu’ils ne sont pas considérés à part entière parce qu’ils font partie du peloton EM (Etat Major). Effectivement nous avons très peu, pour ne pas dire aucun contact avec eux. Nous faisons aussi la connaissance du Padre Pierre Vander Goten dont les anciens nous avaient parlé de son contact avec la troupe et de toutes ses bonnes paroles. C’est ce que je constaterai pendant mon passage au régiment en Belgique. Il est formidable, très attentionné pour tout le monde, quelle que soit sa religion, je n’arrive pas à trouver d’autre qualificatif pour le remercier de ce qu’il nous à communiqué.

dague.gifNos premiers jours à Namur seront consacrés à la transformation parfois burlesque du civil que nous sommes, en militaire  ce que nos chefs veulent réaliser le plus rapidement possible. En matière d’habillement, cela va très vite, mais pour le reste.. .la transformation prendra plus de temps. Nous recevons encore diverses recommandations sur la vie en caserne et les inévitables piqûres: antivarioliques, antitétaniques etc. Ce fut le cauchemar pour certains d’entre nous et ils n’étaient pas fiers du tout!

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dague.gifNous attendions avec impatiences notre premier Week-end, malheureusement nous sommes consignés, ça commence bien! Le deuxième Week-end, est réservé pour les Commandos, ce qui ne nous arrange pas du tout, et enfin le troisième voit notre première sortie officielle en permission. Nous portions fièrement l’uniforme du régiment avec le Pégase sur les manches, l’insigne des troupes aéroportées et sur le béret kaki l’insigne « Who dares wins » A notre époque, quand nous étions en permission, il nous était interdit de sortir en civil. Nous devions rester en tenue militaire, cela ne nous déplaisait pas du tout parce que nous étions fiers de montrer que nous appartenions au régiment parachutiste. Nombre d’entre nous au retour de permission, moi y compris, serons plus joliment habillés, lors de notre rentrée à l’unité, rien de tel qu’une femme, (la maman le plus souvent) pour ajuster notre uniforme, fût-ce même en soldat que nous étions. Certains vont cependant penser que nous n’avons rien fait de physique durant les trois premières semaines, erreur... J’apprends, qu’un des nôtres est déjà éliminé pour insuffisance physique au 15* e jour. Il y en aura encore relativement beaucoup qui vont nous quitter échelonnés dans le temps et transférés dans d’autres unités, certains resteront au régiment dans les services auxiliaires tels que: l’intendance, l’état-major, l’armurerie, le corps sanitaire.

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dague.gifNotre instruction va se poursuivre durant les quatre mois prévus, avec déjà au 2lème mois un test d’élimination.

dague.gifDurant ces mois, nous avons progressivement beaucoup d’activités physiques, qui sont: des courses, la piste de cordes, la piste d’obstacles qui comporte: d’abord le passage dans une ouverture créée dans un pan mur, ce qui nous force à faire le saut du lion à l’arrivée au sol, ensuite la table finlandaise pas facile du tout, heureusement notre instructeur de P.T. (Education Physique) Milo Denuit nous communique qu’il y a deux façons différentes de la passer en nous montrant comment la passer, heureux de l’apprendre parce que c’était un des obstacles les plus difficiles pour moi, ensuite ce sera la cage à poules,puis le passage sur deux poutres, l’une rigide l’autre mobile à une certaine hauteur et le retour sur la terre ferme en descendant par le filet souliers à clous de l’époque lors du parcours d’obstacles.          

dague.gifIl y aussi des exercices de tir, des exercices d’orientation de jour et de nuit avec carte ou sans carte (à la boussole) pour se déplacer dans la nature, avec des points de contrôles tenus par un gradé qui prenait note de notre passage tout en nous remettant de nouvelles coordonnées pour pouvoir continuer l’exercice au point suivant. Mais le plus important pour nous était de ne pas rater le dernier contrôle fixé à une heure bien déterminée, car le camion qui doit nous ramener à la caserne ne nous attendra pas. Les retardataires devront rentrer à pied à la caserne mais attention! Pour ceux qui font de l’auto stop, nos chefs feront des contrôles sur la route du retour et à la clé pour ceux qui sont pris en défaut, une punition les attend, genre "extra-dril!"qui consiste à ramper, courir, tomber, courir, pompages et on recommence" suivant l’humeur de celui qui nous l’impose.

dague.gifLa période juin, juillet, et août se passent agréablement en exercices divers; des marches, des courses, diverses opérations, mais aussi les différents camps que nous allons effectuer : Westende, Op-Grimby. Nous aurons aussi des manœuvres dans les Fagnes et les Ardennes.

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dague.gifArrivés au deuxième mois, certains compagnons échouent déjà, soit par une insuffisance physique ou de courage. Ils vont nous quitter n’ayant malheureusement pas réussi les tests demandés. Enfin l’espoir du béret rouge (lie de vin) nous fait marcher, courir, sauter et résister, c’étais le but que je m’étais fixé en choisissant ce régiment. Je ne suis encore qu’un des "apprentis - apprentis - Para" et c’est dans l’espoir d’obtenir, de gagner devrais-je dire, le droit de porter cette couleur que nous suons sur le "sentier" qui nous y conduira.. Nous apprenons que la devise du régiment est " WHO DARES WINS " la traduction en français " QUI OSE... VAINC Cette devise me rappelle le livre qui m’avait convaincu. Elle est excellente pour nous soutenir, mais aussi pour nous procurer le “ Spirit “ (l’esprit, la mentalité ) qui s’installe déjà entre nous et qui est réconfortante dans cette amitié qui compte énormément pour nous en cas de “ coup dur I

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dague.gifNous voici, enfin arrivés au 4ieme mois, tant attendu par les candidats restant en lice dont je fais partie. Nous sommes au mois de mai, la température est excellente, peut-être un peu trop chaude pour certains. Notre peloton voit le départ de nos deux copains "coréens"... en route pour rejoindre la guerre de Corée, mais aussi de compagnons n’ayant pas réussi les tests des mois antérieurs du 2ieme mois qui ont " épuré " les pelotons de beaucoup d’entre-nous. Plusieurs n’ont pas eu de chance, ils étaient ''FIT' mais blessés, ils ont dû y renoncer. Us sont devenus RTU (retum to unit) mais certains resteront néanmoins au régiment et serons versés dans le peloton EM ( Etat Major).

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dague.gifNous voici arrivés tout doucement au grand jour après 15 jours de cours (de mémoire) : celui du premier saut.

Nous rencontrons un petit contretemps à cause du climat belge, nous sommes déçus, nous ne pourrons pas arborer notre première cordelette pour le W.E. Car lors du premier saut, c’est la tradition de récupérer la fine cordelette de son parachute après le saut et de la passer sous l’épaulette du B.D. Il y avait encore une autre tradition qui consistait à payer un verre (une choppe) à l’heureux sauteur descendu sous un parachute blanc ou était-ce lui qui devait régler l’addition ? Sorry, ma mémoire me fait défaut! Il nous faudra donc patienter quelques jours de plus pour que nous puissions effectuer notre premier saut.

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dague.gifLors de mon 1er saut, j’étais n°5 (le dernier à sortir de la cage, après avoir assisté à la sortie du n°l, n°2, n°3, et du n° 4) en entendant chaque fois le GO et le bruit typiques de l’ouverture des parachutes, ce qui me réconforta. Ensuite ce fut mon tour de faire le grand saut mais l’instructeur me posa la même question, avec ou sans le GO ? Je lui ai répondu avec le GO. Dès l’ouverture de mon parachute, je suis pris en charge par un Dispatcher, le 1er Sgt René Gorez, au sol (photo n°ll) qui me communiquait par haut-parleur les consignes à respecter (telles que: parachute ouvert, regarder à 360 degrés, vérifier si on à des suspentes entremêlées (des twists), se rendre compte de sa dérive, la contrôler en prenant les bonnes suspentes, et à trente mètres du sol se préparer à exécuter son atterrissage, jambes jointes et légèrement pliées pour atterrir sur les deux pieds et rouler de suite en boule, et surtout éviter de prendre contact avec le sol sur le dos, très dangereux pour la colonne vertébrale.

dague.gifAprès le deuxième saut, j’ai souvenance d’un garçon qui ne sera malheureusement pas breveté après ces deux sauts du ballon, en cause son comportement trop nerveux dans la descente ce qui ne donnait pas entière satisfaction à son instructeurs (je suppose). Sur l’ensemble des sauts, pas d’accident hormis quelques “ traditionnelles talonnades dont certaines provenaient du Ground Training. D’autres seront brevetés plus tard, les Commandos en décembre n’étant pas disponibles pendant notre période d’écolage, pour des raisons diverses! Après ce séjour en milieu confortable et douillet, repas 4 étoiles et vacances à la carte, je me comprends, mais airtout les W.E., nous reprenons le chemin du retour vers la caserne de Diest,

fiers de porter nos Wings reçues le 12 octobre 1954.   037b5a71bc060f293e7a89e8a3f4a525.gif

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dague.gifEn ce qui me concerne, j’ai le brevet n° 2877. Avant de terminer mon passage à Schaffen, je vais vous raconter un fait exceptionnel dans les annales militaires de cette époque, survenu lors de notre écolage. Il s’est produit "un mouvement de révolte collective en voici le détail : on suppose que c’est suite de notre rassemblement beaucoup trop tôt devant notre bloc pour nous rendre au réfectoire pour le repas du soit Cela n’a malheureusement pas plu à l’adjudant de semaine qui passait dans les environs et quia été attiré par le bruit que nous faisions. Il nous donna l’ordre de remonter dans nos chambres et à son coup de sifflet nous devions redescendre pour à nouveau nous rassembler en ordre et sans bruit. Nous avons dû exécuter ce manège plusieurs fois en attendant l’heure du repas, Pas content du tout de la lenteur de l’exécution, il choisit les premiers compagnons sortis du bloc pour les mettre au rapport en leur attribuant le terme de meneurs! Ce qui n’était pas juste). Le refus s’installe parmi nous dans les chambrées et on décide au coup sifflet suivant de ne plus quitter la chambre. C’est le seul et unique sujet de conversation dans la chambrée, mais voila à l’armée on n’a jamais raison ! On assiste au passage de l’officier de semaine dans les différentes chambres qui nous ordonne de descendre non plus par chambre entière, mais à l’appel de trois noms pour se rendre au réfectoire pour le repas du soir. Les soi-disant meneurs sont questionnés, mais ce sera toute la compagnie qui sera consignée et ne pourra bénéficier de son WE suivant. Dans le réfectoire, certains compagnons n’ont pas voulu souper, mais leur erreur c’est qu’ils ont commit la faute de jeter leur repas dans la poubelle. D’office, c’est le rapport. A l’armée, on est obligé de se présenter au réfectoire, on n’est pas obligé de manger, mais il est surtout interdit de jeter son repas à la poubelle!

dague.gifLa période des mois de juin, juillet et août se passent agréablement en effectuant souvent du drill (marcher en rangs, bien alignés, porter l’arme, etc..), mais aussi des exercices divers de compagnie tels que : attaques de sections, de peloton, des marches d’entraînement de 10, 20, 25 km et plus, des courses (Road Walk), des parcours d’obstacles, des tirs et des exercices d’orientation de jour et de nuit.

dague.gifMalheureusement une anecdote, je ne sais plus la situer dans le temps, peut être fait-elle même partie des différents événements survenus lors de notre deuxième passage à Diest après Schaffen. Nous sommes tributaires d’une punition infligée à la Compagnie tout entière. J’en ai oublié le motif (je suppose qu’il y a un rapport aux événements de notre passage à Schaffen, l’ai-je d’ailleurs jamais su, le temps passant et l’âge aidant, je vous demande à nouveau cher lecteur de me pardonner. Toujours est-il que cela se passe un samedi matin avant de partir en permission, nous sommes rassemblés comme d’habitude sur le Parade Ground de la caserne, en BD (tenue de sortie pour notre retour en permission avant ou après l’habituelle, l’inévitable et redoutée inspection de notre RSM (Regimental Sergeant-Major) Camille Van der stock bien connu des anciens mais aussi des nouveaux, que l’on surnommait ( le Bob ) qui sous sa férule renvoyait séance tenante quiconque n’était pas " FIT , pour la sortie sans bien sûr nous signaler l’objet du refus de sortie ( béret pas réglementaire ce qui fut mon cas ou les cheveux trop longs pour certains de mes compagnons, etc.. ). Et soudain à notre étonnement général, un commandement à droite...droite...en avant marche, vers la sortie de la caserne, mais au lieu de nous entendre crier notre joie (c’était la tradition au régiment) on se demande encore pourquoi ? Quelques regards inquisiteurs entre nous, pour ne pas dire inquiets, que se passe-t-il ? Où allons-nous ? Toutes ces questions restent naturellement sans réponse et voilà que nous nous dirigeons maintenant en direction de la rivière le DEMER qui traverse la ville de Diest, ceux qui l’ont connu savent de quoi je veux parler! Arriver en face de l’eau, le quart de tour réglementaire et le plongeon obligé sans se dévêtir pour la traversée de cette rivière fort malodorante et rejoindre la berge. Pour éviter de plonger, certains compagnons font savoir qu’ils ne savent pas nager, peut importe le motif, un sous-officier leur demande de s’approcher de la berge et d’entrer dans la rivière jusqu'à la taille, ensuite il leur demande de mettre leur tête sous l’eau trois fois consécutivement (pas de chance pour les tricheurs). Après cette séance pas agréable du tout, surtout le jour de notre permission, rassemblement en rangs impeccables, comme il se doit, et nous entamons notre retour vers la caserne, dégoulinant de cette eau "si parfumée " au pas cadencé en défilant dans le centre de la ville de Diest tout en chantant à plein poumon, mais se posant toujours ma même question.. .Pourquoi ? A notre arrivée à la caserne, on annonce que les permissions ne sont pas suspendue mais qu’il nous suffisait maintenant de se représenter à nouveau en tenue de sortie à l’Officier de garde pour obtenir notre billet de sortie (la perm). À notre époque, il n’est pas question de sortir en civil et une seule tenue est de rigueur, le BD1 qui nous avait été attribué dès notre entrée au service militaire. Cela nous entraîne alors à exécuter le décrottage, nettoyage, séchage, repassage et le finissage de la tenue, pour lé retour chez nous. Nous étions tributaires de ce qui nous tient tant à cœur. Avec les moyens que nous avions à la caserne, il n’y avait pas de salon lavoir à notre époque, certains compagnons réussiront à mettre leur tenue en ordre avec néanmoins beaucoup de retard. D’autres moins habiles, peut être moins chanceux ou simplement découragés, resteront à la caserne tout le WE. En ce qui me concerne, je confirme que je suis bien rentré ce jour-là en permission, plus tard que prévu en faisant du stop parce que j’avais raté le train, mais heureux de retrouver la famille.

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dague.gifNous voici en septembre et nous quittons provisoirement la caserne de Diest, pour nous rendre à Schaffen (école de parachutage) qui ne se trouve pas très loin, à quelque km de la ville de Diest, afin d’exécuter notre dernier "apprentissage" mais qui a beaucoup d’importance à nos yeux, car c’est là que’on verra ce qu’on à dans le ventre. Le temps du mois de septembre est relativement beau et dès notre arrivée, on prend directement possession de sa chambre qui nous est octroyée, ensuite rendez-vous au Ground Training qui nous affecte à différents Dispatchers qui seront nos instructeurs de saut, et à la formation des "sticks" (équipes de 15). j’aurai comme Dispatcher Josepht Herk.. On constate que la vie à l’école de parachutage, est intéressante à de nombreux points de vue : notre activité de peloton est ralentie, mais elle est surtout basée principalement sur le sport. Notre instruction débute sur la théorie détaillée du parachute (visuelle et auditive). Nos sauts seront exécutés en automatique avec des parachutes anglais Irvin type X (sans ventral).

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dague.gifJe ne vous dis pas les précautions qu’on prenait à sa réception, il y avait même une pancarte dans le couloir de sortie du magasin des parachutes nous montrant un soldat portant son parachute comme s’il portait un bébé dans les bras. Cela nous faisait comprendre que nous devions le prendre avec précaution. A titre indicatif, la prochaine compagnie Para bénéficiera d’un parachute français avec ventral.

dague.gifNous entamons, les différents exercices tels que: comment s’installer dans l’avion et comment en sortir, ensuite nous faisons la connaissance du " fan" cet engin constitué d’un câble d’acier enroulé autour d’un tambour muni d’un harnais à une hauteur d’environ 10 mètres, ce qui va nous permettre en sautant dans le vide de ressentir à notre arrivée sur un tapis au sol, un choc semblable à celui que nous aurions ressenti si nous avions sauté réellement et touché le sol. Nous avions aussi des exercices aux balançoires d’atterrissage et des harnais oscillants pour nous habituer à prendre les bonnes suspentes suivant les différents atterrissages que nous pourrions rencontrer, suivant aussi la dérive que l’instructeur nous indique .

dague.gifLa nourriture est impeccable, et surtout nous bénéficions d’un retour en congé tout les W E, si on échappe bien entendu aux punitions. En somme, nous pouvons attribuer ce passage à cette école comme un séjour idyllique.

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dague.gifRevenons à Diest qui nous accueille à nouveau pour notre second séjour dont nous connaissons le " topo ”. Ce seront des exercices divers, même en hiver, les manœuvres, les sauts dont l’un me rappelle un mauvais souvenir, c’était le 6 janvier 1955 en manœuvre dans la province du Limbourg, avec un atterrissage sur un terrain labouré particulièrement bien durci par la période de gel intense que nous venions de connaître. Les mottes étaient aussi dures que du béton, et nous déplorons plusieurs blessés. En ce qui me concerne, à l’atterrissage, je me suis cogné la tête sur ce sol, heureusement que notre casque nous protège bien, je survis par chance! Mais je suis bien conscient que c’était de ma faute. À la sortie de l’avion, un C 119, coté starboard, j’étais n°2, je suivais le n°l, le sergent de notre section Camille Olivier qui devait en premier lieu pousser le container emportant un parachute jaune, avant sa sortie d’avion, afin que nous puissions reconnaître notre container lors de son arrivée au sol. Il contenait l’armement de notre section. Pendant ma descente, je remarque que notre sergent se trouve malheureusement au-dessus du dôme du parachute jaune. N’ayant plus d’air pour sa voilure, il se pose sur celle-ci et n’arrive pas à s’en défaire. Il est pris au piège de la voilure, heureusement à une certaine hauteur, il réussit à s’en défaire. Étant occupé de suivre l’évolution du Sergent j’avais complètement oublié de me concentrer sur mon saut et je me suis cogné la tête sur le sol gelé, heureusement sans gravité mais tout de même sonné. Ayant fait la jonction avec les chars casernés à Bourg-Léopold, nous nous étions agglutinés aux radiateurs des chars pour tenter un éventuel et léger réchauffement par ce froid intense  

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dague.gifAvant le départ pour la Colonie, nous sommes réunis au Camp d’entraînement de Poulseur du 25 janvier au 11 février 1955, pour y subir une période de formation coloniale. Nous avions à ce moment 12 mois et quelques jours supplémentaires de service militaire.Cette formation nous fut prodiguée et expliquée par les Pères missionnaires de Scheut au vu de leur expérience au Congo belge. Ex: la mentalité des autochtones que nous allions rencontrer, et aussi quelques rudiments des langues parlées, le lingala mais surtout le kiswahili afin de nous faire comprendre suivant les régions que nous allions parcourir. Avant le grand départ pour la Colonie, nous bénéficions d’un congé du samedi 19 février jusqu’au jeudi 24 février 1955, ensuite retour à Poulseur pour nous préparer au départ. 

dague.gifPara-Commando. Le 4eme Détachement se compose de 32 officiers. 62 sous-officiers et 230 hommes de régime francophone et néerlandophone, sous le Commandement du Capitaine Hazee et séjournera à Baka (Abréviation de la “Base de Kamina" du 21 mars au 1er septembre 1955). Il se compose d’un E M, de 2 compagnies de fusiliers, comprenant une Cie Parachutiste, l’autre d’une Cie Commando, et d’un Peloton de reconnaissance Parachutiste néerrlandophone. 

Voici la composition de l’E M:  Lt de Schoutheste SS Lt Med Hourlay - Lt Yovleff  - le Padre Raymond Thils- CPN Militis- OE Lt Van Cappel-

Lt GraufïL-EP Lt Comil -MTO Lt Baron- OTS SGT Hollants-SP ISM Van Gelder

Deux Compagnies de fusiliers composées de 3 Pelotons de fusiliers et 1 Peloton d’armes hy La Compagnie Para sous le Commandement du Capitaine Vaes La Compagnie Commando sous le Commandement du Capitaine Debleser -Le Peloton Recee de 2 sections montées sur 8 jeeps armées de 3 MI.30 chacune sous le Commandement du Lieutenant Janssen-Le CE Para sous le Commandement du Lieutenant Roelandts

Ses attributions: responsabilités des parachutages et ravitaillement par air. Tout le personnel s’est porté volontaire pour servir dans les unités Paras-Commandos, les hommes, les gradés de réserve qui n’étaient astreints à faire que 18 mois de service ont souscrit un engagement volontaire de trois mois supplémentaires pour pouvoir servir à la Colonie. 

dague.gifVoici Quelques renseignements complémentaires sur l’emploi des troupes Para-Commandos au Coneo Belge : Si pour des raisons d’économie et de facilités résultant du temps de paix, l’entraînement des parachutistes et celui des commandos s’effectue suivant des méthodes à peu près similaires, les gradés maintiennent les traditions des deux unités, la souplesse de l’organisation d’opérations dans n’importe quelle situation et dans n’importe quel terrain. En Afrique, les unités Para-Commandos sont celles qui sont les mieux adaptées au pays vu la pauvreté et la fragilité du réseau routier. Le parachutage est celui qui demande le moins de temps pour toute opération offensive ou défensive dans n’importe quel endroit dans les limites du rayon d’action des appareils de transport. En ce qui concerne le bien être de la troupe, on n’est pas oublié. L’entraînement dur et absorbant, demande des périodes de détente, du repos pour l’esprit autant que pour le corps. Le délassement le plus apprécié par les hommes, est le cinéma, car l’homme fatigué traverse des moments de lassitude morale, du courrier qui arrive en retard, des réactions mentales après un saut en parachute ou un exercice à balles réelles, ce qui nous empêche de chercher l’aventure. Le confort de la base (CTB) compense les difficultés de l’entraînement et nous assure un repos réparateur après les manœuvres. Cette formule adaptée pour régir notre séjour au Congo belge nous semble heureux puisque le détachement précédent le nôtre, a quitté la Colonie en emportant un excellent souvenir de son passage. 

 

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